Camille L.
Autoportrait
« Les personnes hypersensibles sont des êtres sensibles et intuitifs qui ont un don pour voir le monde de manière plus profonde. » – Élaine Aron, psychologue américaine
Je suis une jeune femme aux multiples nervures, vue de l’extérieur, je suis une petite blonde à la chevelure raide et aux yeux couleur noisette, ils sont en forme d’amandes. Mon visage quant à lui est fin tout comme ma silhouette. Mon enveloppe charnelle est mon écorce, et sous cette dernière se trouve mon essence. Une fois l’état sauvage passé, je me révèle être un écosystème d’une beauté et d’une complexité incroyable. Cet écosystème, c’est ma différence et ma richesse, ma détermination et mon envie ; il fait mon authenticité. Il traverse par moment des périodes d’orages et de tempêtes, mais comme le dit l’adage « après la pluie vient le beau temps ». La pluie est un élément essentiel au bon fonctionnement de cette forêt intérieure. Cette forêt s’enracine dans le sens et à la cime de ses arbres se trouvent des bourgeons de pensées et des feuilles de sensation. Ces feuilles virevoltent au gré du vent des émotions pour enrichir les sols de leurs apprentissages.
Au cœur de cette forêt, se trouve une cabane sur l’arbre le plus massif et le plus ancien. Cette cabane est le refuge d’un être très spécial une petite fille blonde et souriante qui adore bouger, grimper et explorer le monde qui l’entoure. Pendant les périodes de tempêtes, la jeune femme que je suis se joint à ce petit être dans notre endroit si spécial. La cabane est le lieu idéal pour patienter jusqu’à la fin du déluge. C’est un endroit hors du temps, hermétique au monde extérieur. Une fois sortie de l’abri, la jeune femme que je suis, rejoint le grand monde pour pouvoir en observer la richesse et la splendeur : j’analyse tout ce qui m’entoure. De cette manière, je peux m’en inspirer pour alimenter mon écrin de verdure, mon havre de paix. Je partage volontiers ce havre lorsque mon instinct perçoit d’autres êtres lumineux qui ont besoin de se ressourcer ou tout simplement de profiter d’un moment de paix et de sérénité. C’est dans l’interaction avec le Grand monde que naît la ressource motrice de mon être : l’amour. C’est le lien ultime qui maintient l’équilibre fragile de mon monde avec le Grand monde. Ce lien est précaire, mais se consolide de jour en jour, les brisures du lien sont peu à peu comblées par la sève de l’amour et du pardon. Ce fil frêle deviendra bientôt un solide pont qui laissera aller et venir les êtres de lumière souhaitant nourrir de leur richesse cet endroit si spéciale. Ces lumières, qui pénètrent parfois la forêt, permettent d’y voir plus clair lors des nuits sombres et de ne pas oublier de sortir prendre l’air en dehors de son monde. Ces êtres sont là pour rappeler à la petite fille blonde qu’elle n’est pas seule et qu’elle ne le sera jamais, car tous veillent sur elle.